Le web sémantique vise à développer une couche sémantique au-dessus du contenu diffusé sur internet afin d’offrir de nouveaux services et un accès aux données plus pertinent pour les utilisateurs finaux.

Bien que la vision date d’une dizaine d’années (Tim Berners-Lee, 1998), le sujet connaît actuellement un fort engouement en raison du potentiel qu’il fait espérer. Les communautés de chercheurs et de capitaux risqueurs se retrouvent en première ligne pour explorer les possibilités de ce qui pourrait être la prochaine génération du web (certains évoquent le Web 3).

De nombreux documents de qualité expliquent les principes du web sémantique, les technologies et les standards disponibles. Une approche générale et critique me semble bien abordée par les articles suivants:

The Semantic Web in 6 minutes
Semantic Web: What Is The Killer App?
Semantic Web: Difficulties with the Classic Approach
Top-Down: A New Approach to the Semantic Web

Dans ce contexte, il s’avère intéressant d’examiner et de comprendre les développements en cours. Une rencontre sur ce thème s’est tenue à Londres les 16 et 17 février, sous la forme d’un BarCamp: SemanticCamp. La suite propose une synthèse de ce que je retiens de cette rencontre.

1. Des expérimentations de laboratoire

Les travaux présentés sont en grande partie des expérimentations techniques issues d’universités ou d’organismes de recherche. Les projets types sont des prototypes développés par des thésards en vue de démontrer le fonctionnement d’un élément de technologie “sémantique” : requètage, modélisation, etc.

2. Des premières applications peu abouties

Les techniques du web semantique (RDF, Sparql, micro-formats, etc.) commencent à être intégrées sur certaines plate-formes web innovantes (Joost, Freebase, Twine, Jamendo, Zemanta, etc.). Ces cas d’utilisations semblent néanmoins surtout de nature expérimentale ou “préparatoire” et ils ne semblent pas encore apporter de véritable rupture dans les fonctions ou dans les usages. De l’avis général, il manque toujours une application démontrant les bénéfices du web sémantique (une “killer App”).

3. Des limites conceptuelles et techniques

Le web sémantique s’appuie sur des concepts relativement complexes et abstraits.  Les limites suivantes sont souvent pointées:

  • Les possibilités de raisonnements (inférences) sont peu crédibles et n’aboutiront probablement pas avant longtemps.
  • Certaines notions centrales du web sémantique, telles que l’identification et l’assertion, comportent des dimensions ambigues ou subjectives qui altèrent les possibilités envisagées.
  • Il n’y a pas de solution simple pour rendre le web actuel sémantique, notamment en raison du problème de l’annotation (manuelle ou automatique)

4. Un potentiel considérable

Au travers de cet environnement toujours expérimental et incertain, il semble néanmoins poindre un vrai potentiel d’applications nouvelles à forte valeur ajoutée.

Ce potentiel me semble notamment pouvoir résider dans les possibilités de requètage sur des sources de données distribuées.

Par ailleurs, le concept de “Semantic Desktop” est susceptible de renouveler profondément les possibilités du poste utilisateur. Celui-ci pourrait à la fois accéder et parcourir de manière beaucoup plus pertinente les données du web. Le poste utilisateur peut devenir en outre une source de données à part entière dans le réseau global. Une source à la fois ouverte et requêtable sur les ressources explicitement autorisées par leur propriétaire.

Dans ces conditions, il est possible d’imaginer une ouverture du web et des usages encore plus étendus que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Une sorte de peer to peer intelligent et permanent sur les ressources numériques produites ou consommées par chaque utilisateur.

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